L ecologie façon royale

Entre Ségo et les écolos, c'est à la vie à la mort !
En refusant un accord de premier tour avec la présidente de la région Poitou-Charentes, Europe écologie a provoqué son couroux. Désormais, Ségolène Royal ne recule devant rien pour décrédibiliser les écologistes, les accusant même de « se donner bonne conscience » en soutenant la taxe carbone.
La guerre est déclarée. Depuis qu'Europe écologie a rejeté l'idée de faire liste commune avec la présidente de Poitou-Charentes, le réseau de Daniel Cohn-Bendit et Ségolène Royal se livrent à des escarmouches verbales de haute intensité, par médias ou tribunes interposées. Leur champs de bataille ? La taxe carbone.
Royal accuse les écolos de greenwashing !
Dans ce ping-pong, l'enjeu n'est rien moins que le leadership écologique de la gauche pour les régionales de mars 2010 et, dans l'enfilade, pour l'élection présidentielle. A Cécile Duflot, venue aux universités d'été de La Rochelle qualifier de « démagogues » ceux qui rejetaient la taxe carbone, Royal a répondu par l'intermédiaire de Delphine Batho.
Mais aujourd'hui, la présidente de Poitou-Charentes s'est directement emparé des armes sur RTL mardi 1er septembre : « j'ai énoncé une vérité qui dérange, a-t-elle déclaré. Il y avait un consensus mou de la classe politique, y compris de Noël Mamère, pour dire : on va se repeindre en vert, on va se donner bonne conscience en adhérent à un impôt qui n'a rien d'écologique tant qu'il n'y a pas de liberté de choix. » Accuser Europe écologie de « greenwashing », voilà un affront qu'ils ne risquent pas de lui pardonner de si tôt.
« Vous n'êtes pas modeste ce matin », a relevé Jean-Michel Aphatie devant la cascade de certificats d'authenticité écologique que s'est auto-décernée Ségolène Royal : seule ministre de l'environnement à avoir établi une fiscalité verte (sur les déchets), présidente de la première région européenne pour les énergies renouvelables, etc. « Je me demande finalement si je ne serai pas la meilleure candidate écologiste [pour 2012] ? », s'interroge même la présidente de Poitou-Charentes.
Affrontement autour des classes populaires
Sur RTL : "Non ce n'est pas une fiscalité écologique !"
En version originale ça donne : « Non seulement je peux me passer des écologistes en Poitou-Charente, mais je peux aussi les affaiblir ». D'autant que le taux de participation risque d'être plus important aux régionales qu'aux européennes et l'électorat populaire plu!s présent dans le scrutin. Ségolène Royal sait lire les sondages : la taxe carbone provoque un tollé dans les zones rurales. Or, sa priorité absolue c'est la victoire aux Régionales qu'elle estime un bon tremplin pour 2012.
Dès lors peu lui importe de se couper provisoirement des « bobos » urbains. Malgré la nécessité d'une évolution des pratiques, les accents doloristes (« encore un petit effort, on va y arriver ! ») des tenants de la taxe carbone pourraient bien faire heurter les Français isolés et appauvris par la crise, déjà scandalisés par le maintien du bouclier fiscal et le sarkozysme fiscal auquel nous devons déjà une vingtaine de taxes nouvelles. Au passage, la tactique de Ségo provoque un dégat collatoral non négligeable : la rupture rapide de la paix des braves née de La Rochelle.